Les Jeunes sociaux-democrates

le think tank des étudiants sociaux-démocrates

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Bientôt un vrai site!

Posté par jeunessociauxdemocrates le août 07 30, 2007

Chères sociaux-démocrates, alors que le mauvais temps s’abat sur la France et que les marchés s’affolent, la social démocratie aura bientôt un site. www.lesjsd.fr .

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«La croissance ne peut venir que de l’éducation», entretient avec Philippe Aghion, professeur à Harvard, théoricien de la croissance et Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

L’Express du 26/01/2004 – par Sabine Delanglade

  Phillippe Aghion

Elie Cohen

C’est un travail de deux ans qui a conduit Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, et Philippe Aghion, professeur à Harvard, deux de nos économistes les plus originaux, à boucler pour le conseil d’analyse économique du Premier ministre un rapport intitulé «Education et croissance». Un travail fondé sur un modèle théorique mis au point par Philippe Aghion et ses collaborateurs. Pour ces chercheurs, la France, qui s’est toujours contentée d’être une économie d’imitation, de rattrapage, doit désormais se développer par l’innovation. Pour y parvenir, seul le développement de l’enseignement supérieur peut stimuler la croissance. Il est donc urgent pour la France, qui a toujours négligé ses universités au profit, notamment, de l’enseignement secondaire, d’inverser ses priorités.

Vous avez, ces derniers mois, travaillé à l’étude des relations entre le système éducatif et la croissance. Comment peut-on évaluer ainsi des notions qui semblent quand même assez abstraites?

Philippe Aghion: C’est compliqué. Pour y parvenir, on s’est longtemps contenté de mettre en relation le taux de croissance et le nombre total d’années d’éducation. Mais, si cette approche était valable pour analyser la croissance des pays en voie de développement, elle l’était moins lorsque l’on voulait s’intéresser seulement aux pays de l’OCDE, car on ne distinguait pas selon qu’il s’agissait d’années d’études primaires, secondaires ou supérieures, et surtout, cela ne disait rien du type de croissance visé. Or les sources de croissance diffèrent complètement selon l’état de développement du pays étudié.

De quelle manière?

P. A.: Il faut distinguer les économies qui sont encore en phase de «rattrapage» par rapport aux pays les plus avancés, et celles qui sont parvenues à ce que nous avons appelé la «frontière technologique», c’est-à-dire les systèmes économiques où la plupart des secteurs d’activité ont un niveau maximal de productivité. Pour ces pays-là, le rattrapage, par définition, ne suffit plus pour générer des gains de productivité, puisqu’ils ont déjà rattrapé leur retard. Dans ce cas, la croissance ne peut venir que du dépassement de la frontière technologique, donc de l’innovation. Aujourd’hui, l’économie américaine et, dans une moindre mesure, les économies finlandaise et suédoise sont d’ores et déjà parvenues à cette frontière, car elles cumulent le plus grand nombre de secteurs ayant les plus fortes productivités du monde.

Certes, mais en quoi cela concerne-t-il l’éducation?

P. A.: Cela la concerne énormément. D’une manière générale, les institutions économiques qui favorisent l’imitation ne sont pas les mêmes que celles qui sont propices à l’innovation.

Oh! la la! Là, il faut nous expliquer en détail.

P. A.: Pour le financement des entreprises, une économie du premier type, celle de rattrapage, s’appuiera essentiellement sur des financements bancaires et sur des subventions gouvernementales, car alors la prévisibilité et la régularité priment tout. En revanche, dans le cas d’une économie innovante, le marché et le capital-risque – puisque, par définition, il y aura risque – vont prendre une part prépondérante. C’est donc une différence fondamentale. L’organisation des entreprises propre à favoriser la croissance sera également différente selon les divers stades de développement d’un pays. L’économie d’imitation reposera sur de grandes entreprises verticalement intégrées, où les relations de travail sont stables et de longue durée et où la concurrence est limitée. L’innovation, elle, naîtra d’unités plus petites, plus mobiles, ayant des taux de natalité et de mortalité beaucoup plus élevés.

Et le lien avec l’éducation?

Elie Cohen: Eh bien, le système éducatif ne devra évidemment pas être le même selon que l’on veut former des imitateurs ou des innovateurs! Dans le premier cas, celui de notre économie de rattrapage, ce qui sera primordial, ce sera la plus grande alphabétisation possible, pour que de gros bataillons de diplômés soient capables de comprendre les systèmes techniques et de les imiter. Donc, une bonne formation de base largement répandue et professionnalisée suffira. De même, de grandes organisations hiérarchisées et qui se consacrent à un seul domaine de recherche fonctionnent bien en période de rattrapage, car ce qui compte alors, c’est la concentration des moyens et une volonté durable.

«Nos grandes écoles, ces fleurons hérités de l’Ancien Régime, se sont provincialisées !»

 

C’est le système français, en somme?

E. C.: Exactement. Celui qui a très bien fonctionné de l’après-guerre aux années 1970 pour rattraper les Etats-Unis. Côté éducation, on met le gros du budget sur l’enseignement primaire et secondaire, et à nos grandes écoles spécialisées on demande de former les ingénieurs dont on a besoin. Côté recherche, on bâtit de grands organismes spécialisés, tels le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), le Cnes (Centre national d’études spatiales) ou le Cnet (Centre national d’études des télécommunications), qui vont se contenter – évidemment, je force un peu le trait – de franciser des technologies venues d’ailleurs.

Par exemple?

E. C.: Le CEA a permis de franciser les technologies nucléaires américaines. Dans un premier temps, il avait développé une filière nationale – dite «graphite-gaz» – mais elle a été abandonnée. Après l’adoption du PWR (Pressurized Water Reactor), les entreprises tricolores aidées par le CEA se sont contentées d’adapter cette technologie américaine. De même, le Cnet a longtemps pris pour modèle les «Bell Labs», et les a reproduits dans ses programmes et son organisation interne.

P. A.: Mais attention! A la fois parce que la France s’est rapprochée de la «frontière technologique» et également parce qu’une concurrence accrue est née de la mondialisation et de l’arrivée des technologies de l’information, une telle attitude n’est plus possible aujourd’hui: l’avenir de l’économie française ne peut reposer que sur l’innovation! Elle doit agir désormais exactement à l’inverse de ce que nous lui demandions au cours des décennies passées… Et notre système éducatif doit en tenir compte. Car le modèle que nous avons bâti pour ce rapport, en étudiant les budgets alloués à l’éducation par 25 pays de l’OCDE sur quarante ans, a bien montré que plus un pays était proche de la frontière technologique, plus il était en pointe, plus l’enseignement supérieur était le moteur de sa croissance.

L’absence de sélection à l’entrée de l’université serait-elle alors aujourd’hui un frein à l’efficacité de l’enseignement supérieur, et donc à ce changement que vous préconisez?

E. C.: Dans notre esprit, relèvent de l’éducation de base le primaire, le secondaire et le premier cycle du supérieur. Dans le système français, l’absence de sélection aboutit en fait à une sélection par l’échec au terme du premier cycle: moins de 50% de réussite au Deug au bout de deux ans. L’enjeu, aujourd’hui, est de promouvoir le supérieur du supérieur; c’est là que se joue la bataille pour la connaissance, base des avantages comparatifs de demain… L’exemple de la Finlande est à ce titre frappant. Voilà trente ans, c’était une économie fruste dépendant de la Russie et dont le point fort était l’industrie du bois. En décidant d’investir massivement dans l’enseignement supérieur et dans la recherche en nouvelles technologies, elle est devenue une «économie frontière» et abrite, avec Nokia, un leader mondial.

N’est-ce pas là un nouveau signe de la modernité du modèle nordique?

E. C.: C’est vrai, si l’on songe que la Finlande et la Suède consacrent déjà chacune 3% de son PIB à la recherche! Peut-être, après tout, dessinent-elles un modèle d’évolution qui peut nous inspirer: réforme graduelle, sélection des domaines d’excellence, souci de l’égalité des chances.

Comment expliquez-vous que la France n’ait pas réagi plus tôt?

E. C.: Depuis 1995, notre pays a décroché, car nous avons conservé notre système figé, qui est marqué par l’absence de circulation entre les trois pôles de l’innovation – grandes écoles, universités et centres de recherche. Eh bien, ce «modèle» français, si modèle il y a, ne fonctionne plus! Dans un contexte de mondialisation de la formation des élites, alors que Harvard et le MIT (Massachusetts Institute of Technology) sont devenus les universités de la planète, nos grandes écoles, ces fleurons hérités de l’Ancien Régime, se sont provincialisées!

P. A.: Au passage, je note d’ailleurs que l’existence de ces écoles (Polytechnique, Normale sup, Centrale, Mines, Ponts, etc.) a eu un effet pervers sur l’université. On se disait: «Elles forment nos élites, alors à quoi bon se préoccuper des facultés?» Résultat, nos universités ne sont qu’un choix par défaut pour les bacheliers.

E. C.: Quant à l’organisation de la recherche, elle a conduit à la dégradation de la performance française à un triple niveau: que ce soit dans le dépôt de brevets, l’impact des publications scientifiques ou la transformation d’innovations en entreprises viables, notre part relative est en chute libre. Depuis que leur mission initiale a été remplie, les grands organismes scientifiques immobilisent des moyens, freinent les redéploiements, n’irriguent pas les universités, et, en fin de compte, contribuent à la sous-productivité du système.

 

«Nous proposons une dépense supplémentaire de 0,5 points de PIB totalement investie dans l’enseignement supérieur»

 

Triste constat… A-t-on au moins réorienté les dépenses d’éducation?

E. C.: Pas du tout! Nous lui consacrons au total moins que les autres – 7% du PIB, pour 9% aux Etats-Unis. En outre, ces fonds sont mal répartis. Alors que nous dépensons en moyenne 6 589 euros par étudiant dans l’enseignement supérieur, nous consacrons 7 879 euros à un élève du secondaire. En France, un élève du secondaire coûte 36% de plus que dans la moyenne de l’OCDE, et un étudiant du supérieur 11% de moins que cette moyenne. La France alloue 16,6 milliards d’euros au supérieur, les Etats-Unis en sont à 224 milliards de dollars!

Décidément, la France est toujours à contre-courant! Que préconisez-vous pour inverser la tendance?

E. C.: La tentation était grande de dire: «Cassons tout, et reconstruisons un système qui intègre production, diffusion et transfert de connaissances.» Mais l’extrême audace des réformateurs nourrit souvent les pires conservatismes, d’où une approche que nous croyons plus originale. Le souvenir des grandes manifestations de l’automne dernier, pour une réforme bien plus modeste, suffirait d’ailleurs à nous inviter à la prudence.

Certains vous reprochent en effet d’être timorés…

P. A.: Peut-être… Mais c’est délibérément que nous refusons une remise en question radicale du système. Nous lui préférons une approche qui joue sur des leviers existants pour l’amener à évoluer. Nous ne prônons pas non plus une diminution des budgets actuels. Attention! Nous ne disons pas qu’il faut jeter aux orties le primaire et le secondaire: c’est tout de même sur eux que se bâtit le supérieur! Simplement, nous proposons une dépense supplémentaire – disons plutôt un investissement – de 0,5 point de PIB (soit environ 7,5 milliards d’euros) qui serait totalement investie dans l’enseignement supérieur. Ce ne serait vraiment pas exagéré: les Etats-Unis y consacrent 3% de leur PIB; la France, 1,1%. Et c’est sur l’utilisation de ce demi-point de PIB supplémentaire que nous proposons d’innover.

Dans cet esprit, vous proposez la création d’une agence. Comment fonctionnera-t-elle? Avez-vous un modèle pour cette nouvelle institution?

P. A.: Nous proposons en effet la création d’une agence de moyens pour l’enseignement supérieur et la recherche qui s’inspirerait d’agences similaires créées en Suède, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, telle la National Science Foundation. Elle financerait des projets de recherche individuels et collectifs, des regroupements et des centres de recherche pour des périodes limitées (cinq ans renouvelables). Ces projets seraient évalués par la communauté des pairs selon une procédure transparente et soumis à contrôle. Des projets de groupements permettraient ainsi des collaborations entre universités et grandes écoles, ou entre grandes écoles elles-mêmes. Vous voyez que nous avons été guidés par trois principes: l’initiative doit venir d’en bas, les projets doivent être sélectionnés par les pairs et toujours être soumis à des évaluations. Rien ne doit jamais être considéré comme acquis.

Pouvez-vous citer un exemple de succès étranger?

P. A.: En Angleterre, des corps constitués de longue date, comme Oxford, Cambridge ou la LSE (London School of Economics and Political Science) imposaient des modèles figés d’enseignement et de recherche en économie. Eh bien, l’ESRC (Economic and Social Research Council), une agence du type de celle que nous préconisons, a mis en place un système d’évaluation comparée de la recherche qui a permis à des jeunes équipes issues d’établissements moins cotés comme l’UCL (University College London), l’université de Southampton ou celle de Bristol d’émerger et de s’imposer sur la durée. Ainsi, l’UCL a donné naissance à la meilleure équipe mondiale de micro-économétrie. Non seulement cela a poussé les dinosaures à bouger, mais cela a aussi permis d’inverser la fuite des cerveaux, en offrant de meilleures conditions de travail et de salaires.

N’avez-vous pas peur, avec cette nouvelle agence, de créer une énième structure, un énième machin? Ne risque-t-on pas de faire se côtoyer une agence de pointe et une université toujours dépassée?

P. A.: Le pari que nous faisons est que ces dispositifs auront une valeur exemplaire en tirant le système par le haut. Nous nous sommes inspirés du modèle chinois dit du dual track approach: de la même façon que les Chinois ont maintenu les prix planifiés sur les quotas du Plan alors que toute production au-delà de ces quotas se vendait librement sur le marché, nous ne touchons pas au système tel qu’il existe, mais nous introduisons la réforme à la marge sur les fonds supplémentaires alloués à l’enseignement supérieur.

Ne craignez-vous pas que cela prenne encore beaucoup de temps?

E. C.: Il faut cesser de parler dans le vide et agir sans attendre. On ne peut pas déplorer que les Etats-Unis soient devenus les champions du high-tech, que la Chine soit aujourd’hui la championne de l’industrie manufacturière, l’Inde celle des services délocalisés, et ne pas tout faire pour relancer une croissance riche en emplois hautement qualifiés. C’est la seule à même de répondre au double défi de la mondialisation et de la révolution technologique.

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TVA sociale: Au delà de la polémique: vers un nouvau modèle de protection social?

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

 

 ”Le 17 Juin, votez non à la TVA à 24,6%” tel est le nouveau slogan du parti socialiste. Il témoigne également de la pauvreté de la pauvreté des arguments à gauche qui, au lieu de défendre un projet de société alternatif, s’ancre dans une opposition stérile avant même le vote. Pire, le PS paraît incapable de produire une argumentation crédible contre la très certaine future hausse de la TVA et ne se contente que de gesticulations et de jérémiades.  Au delà de la critique habituelle: “comme la TVA est payée par tous, il s’agit d’un impôt injusteé”, il est préférable de s’interroger sur ces enjeux et sur son objectif de justice social.

Avant tout, la TVA sociale constitue un changement radical de société. En effet, il s’agit de financer par les impôts ou les taxes la sécurité sociale. Par conséquent, la TVA sociale rompt avec le modèle de protection sociale assurantiel ou bismarckien dans lequel les cotisations sociales permettent de financer la sécurité sociale, organisme indépendant de l’Etat.

Or ce modèle n’est pas aussi juste qu’il peut sembler l’être. En effet, le financement de la protection sociale par les cotisations sociales, prélevées sur le salaire brut, a deux conséquences: d’une part, il exclut de la protection sociale les individus sans travail; d’autre part il est dénué de redistribution verticale ( = sociale) dans la mesure où les individus se retrouvant au chômage touchent des sommes correspondant au montant cotisé. Ce système n’est donc valable que dans un contexte de plein emploi et d’inégalités sociales limitées comme durant les 30 Glorieuses.

Or, depuis les années 1970, le chômage est devenu massif. Ce système s’est alors révélé problématique puisqu’un nombre croissant d’individus se sont alors retrouvés exclus du système de protection. L’Etat français a donc introduit des mesures sociales de type béveridgiennes (modèle concurrent dans lequel la protection sociale est financée par l’impôt et s’étend à tous) comme le RMI ou la CMU qui ne nécessitent pas d’être en activité.  Le modèle français de protection sociale est devenu dual: d’un coté, la sécurité sociale, financée par les cotisations sociales, est en mesure d’offrir une protection assez forte aux travailleurs ayant cotisés; de l’autre côté: les chômeurs en fin de droits ou des individus n’ayant jamais travaillé bénéficiant d’une protection sociale bien plus faible. D’où un creusement des inégalités.  En outre, l’important nombre de chômeur a pour conséquence un déficit plus ou moins important de la sécurité sociale, qui, pour ne pas tomber en faillite, doit alors être partiellement financé par l’Etat.

L’Etat joue donc un rôle de plus en plus important dans le financement du système de protection sociale qui par ailleurs protègent les individus de manière bien inégale.

Dans cette optique, l’introduction de la TVA sociale pourrait apparaître comme un bon moyen de faire basculer le système de protection sociale français du modèle bismarckien vers le modèle béveridgien qui apparaît mieux adapté au contexte économique. Néanmoins ce modèle Béveridgien a connu deux voies bien différente. La première voie, c’est le système de protection sociale scandinave. Il repose sur un financement par l’impôt et une logique sociale puisque sont prioritairement aidés les individus en situation précaire (chômeurs en fin de droit ou non,..). La deuxième voie, c’est le modèle anglosaxons. Celui ci est financé par l’impôt, mais les aides distribuées sont d’une part faible, et d’autre part très contraignante puisqu’elles exigent de celui qui les touche une recherche très active de travail.

La question principale est la suivante: quelle voie suivra la TVA sociale? ne sera t-elle qu’un complément de financement de la protection sociale? Dans ce cas, le système de protection sociale pourra même se révéler plus généreux. Ou bien la TVA sociale se substituera t-elle aux voies de financement actuelles? Cette fois ci, la TVA sociale entraînera certainement une baisse conséquente des aides sociales dans la mesure où elle supprimera les cotisations sociales dont les montants redistribués peuvent être très important.

Eu égards au programme de l’UMP les cotisation sociales risquent de baisser très fortement, la TVA se substituera donc à l’ancien mode de financement. Toutefois son montant ne permettra pas d’assuer un modèle de protection sociale aussi fort que dans les pays scandinanves à moins que le gouvernement choisisse d’augmenter l’impôt sur le revenu. Or, cet impôt devrait même baisser. Le pouvoir d’achat des français les plus précarisés devrait donc baisser.

Ainsi, l’introduction de la TVA sociale sera certainement tout sauf sociale. Quant à son aspect économique, nous ne nous attarderons pas sur le sujet, le débat nécessitant certainement un autre article. Certes il peut apparaître légitime de passer à un financement entièrement public de la protection sociale, néanmoins ce changement ne doit pas signifier une baisse de ces aides, au contraire, cela devrait être l’occasion de mettre en place une redistribution accrue.

Le 17 Juin, ne votez pas contre une TVA à 24,6%, mais contre un changement du financement de la protection sociale certes peut être nécessaire, mais néanmoins mauvais tel qu’il est présenté par le gouvernement et l’UMP.

Arnaud

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La démocratie, grande perdante des législatives

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

En ce triste soir, l’heure est aux mouchoirs. Tandis que le PS mesure l’immense écart qui le sépare de l’UMP, les partis d’extrême gauche se disputent les 3,5% obtenus collectivement, les verts virent au rouge écarlate, et le MODEM constate l’échec de son “pari”. En résumé, l’audace n’était pas à gauche. Néanmoins cessons de nous lamenter sur le triste sort de – Un envirronement médiatique déplorable: les médias ont joué un mauvais rôle dans cette éléction. En donnant l’illusion que tout était joué, les médias ont d’une part encouragé l’abstentionnisme et d’autre part renforcer le score de l’UMP. La encore l’indépendance des médias vis à vis du pouvoir central se pose. l’opposition, mais intéressons nous à la véritable victime de ces élections: la démocratie.

En effet, la démocratie française a connu lors de ces législatives plusieurs grands maux:

 - un taux de participation historiquement bas: De toute la Veme République, la participation aux législatives n’avait jamais été aussi basse, ce qui contraste énormément avec la Présidentielle.

 - une majorité écrasante et une opposition réduite en miette: comme la souligné DSK, l’opposition joue un rôle majeur dans une démocratie puisqu’elle permet la confrontation d’opinions. Réduite en cendre, elle ne pourra plus jouer ce rôle essentiel.

- un risque majeur de tyrannie de la majorité: parce que la majorité présidentielle est écrasante, le risque est de voir s’imposer à toute la population sans discussion les propositions du parti vainqueur.

- la fin de la spération des pouvoirs: la Présidentielle a crée une dynamique positive pour son gagnant. L’élection du chef de l’Etat a donc considérablement amoindrit l’importance des législatives dont l’issu du vote ne fait que confirmer les résultats obtenus précedemment.

D’ou vient ce triste constat?

 - Des prédispositions institutionnelles: Les institutions de la Veme République n’ont en rien aider l’opposition. En effet, ces dernières reposant sur l’éléction des députés par un scrutin majoritaire à deux tours, la Veme République n’intègre aucune proportionnalité. Si ce choix permet d’exclure l’extrème droite de l’échéquier politique, cela se fait au détriment de la représentativité. L’UMP s’apprête ainsi a remporter près des 3/4 des sièges de l’Assemblée alors que son poids dans les urnes ne dépasse pas les 43%. Ce système a donc pour effet de produire des majorités très larges contre lesquelles l’opposition a du mal à agir et même à exister.

- Un calendrier intenable: si la réforme du quinquénat a eu pour mérite de rajeunir la politique française et d’éloigner tout risque de cohabitation, elle a néanmoins entraîné une modification de calendrier particulièrement facheuse. En effet, organiser avec un mois d’intervalle l’élection du Président et celle de l’Assemblée allait forcément enraîné un effet boule de neige de l’une sur l’autre. La Présidentielle ayant lieu avant les législatives, c’est elle qui influence la seconde. Par conséqent le calendrier a organisé le double triomphe du président élu.

- Une opposition sans idée: l’une des principales raisons réside également dans le manque d’idées et de projet de société dont fait part la gauche. Force est de constaté que les discours démagogiques de l’extrème gauche ne marchent plus, la gauche et notamment le PS se doit de renouveller ses idées et ses valeurs avec pragmatie comme l’exige l’opinion.

 Bref vous l’avez bien compris, le rôle des JSD est de mettre également l’accent sur la défense de la démocratie. Par conséquent nous sommes extrêmement vigilants à l’égard des manquements à son égard. Néanmoins l’officialisation de ces manquements tel le choix du calendrier montre que notre tâche sera ardue.

Chers lecteurs, votez donc dimanche prochain, en masse, non pas pour sauver un parti en décomposition comme le PS, ou ranimer un parti mort né, le MODEM, mais pour sauver la démocratie. Nous avons besoin d’un organe législatif distinct de l’éxecutif. Sauvez donc la République!

 Arnaud

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Pour l’institut Montagne, la France constitue un modèle pour elle même

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

Pour moderniser le pays, inutile d’aller chercher bien loin des exemples à suivre. Les succès sont souvent sous nos yeux.

Lorsque les choses vont mal chez soi, le bon sens est d’aller voir comment se débrouille le voisin et de répertorier, chez lui, les choix et les méthodes validés par la réussite. Longtemps rétifs à ce que l’on appelle couramment  “benchmarking” (recherche des meilleures pratiques), les politiques ont découvert depuis peu cette démarche et l’épousent avec le zèle des convertis : point de programme, point de discours qui ne s’autorise de “l’exemple Scandinave”, du “succès canadien” ou du “modèle néerlandais”. Fût-elle tardive, cette découverte des autres et de leurs savoir-faire est positive. Elle ne doit pas, cependant, nous faire oublier nos propres succès et les leçons que nous pouvons en tirer. La France n’est plus myope, tant mieux ! Mais le mal serait pire si elle devenait presbyte…

Que la France puisse être un modèle pour elle-même, voilà une idée baroque dans un climat morose que les proclamations cocardières officielles n’arrangent pas : les Français ont compris depuis longtemps les figures imposées par leur fonction à un président de la République ou à un ministre de l’Economie. Ils savent ignorer, comme autant de messages publicitaires, les cocoricos de l’Elysée ou de Bercy. Du coup s’installe l’image d’un pays sans grand talent que ses dirigeants chercheraient à survendre contre toute évidence – de même que des parents égarés par l’amour se refusent à regarder leur enfant comme le mauvais élève qu’il est. Image fausse ! Oui, la France aujourd’hui a un carnet médiocre. Mais les maîtres d’école savent bien que la même moyenne décevante peut cacher soit un cancre, soit un krach en devenir qui brille ici mais peine là, dont le potentiel ne s’épanouira que si on l’aide à développer ses qualités et à corriger ses défauts. Or, précisément, derrière un déclin français peu contestable en termes généraux se cachent des réalités navrantes mais aussi des expériences extraordinaires. Il est grand temps de les passer au crible et d’en tirer des leçons pour l’action.

Cette démarche de “benchmarking domestique” inédite en France et à laquelle l’Institut Montaigne vient de consacrer un ouvrage (1) s’avère très féconde : rien de tel que des modèles français de réussite pour montrer que la réussite est possible en France – et pour y puiser des recettes par définition applicables chez nous… puisqu’elles y sont appliquées ! Veut-on, ainsi, s’attaquer aux inégalités et résultats déclinants de notre enseignement secondaire ? On peut certes se pencher sur le cas finlandais, impressionnant, ou sur les progrès coréens ou irlandais, stupéfiants. Mais comment être sûr de l’adaptation de méthodes utilisées dans des pays aux cultures et aux histoires aussi différentes des nôtres ? On peut aussi, tout simplement, observer la méthode du lycée Jacques-Feyder d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) qui, avec deux fois plus d’enfants issus de milieux défavorisés que la moyenne nationale et quatre élèves sur cinq issus des “minorités visibles”, a réussi à remonter de 55 à 70% son taux de réussite au bac et envoie chaque année 45 élèves en prépas. On trouvera de très bonnes idées pour réformer l’Etat… au Canada ou en Nouvelle-Zélande, mais il y a peu de doute que les fonctionnaires français s’inspireront davantage de la récente réorganisation de la sous-préfecture de Pithiviers (Loiret) qui a permis, à rémunérations et effectifs inchangés, de faire exploser les taux de satisfaction des “clients” et de presque diviser par deux le taux d’absentéisme des agents. On pourrait multiplier à l’envi ces cas de réussites françaises : il suffît d’aller sur le terrain pour les repérer.

Ces exemples prouvent que rien n’est perdu, que le rebond français est à portée de main. La recette ? Un leadership résolu qui peut inscrire son action dans la durée, des objectifs clairs et partagés autour desquels sont fédérées les énergies, de l’audace mâtinée par l’attachement au principe de réalité, une organisation assez souple et autonome pour être réactive et responsabilisante, et enfin des incitations à changer motivantes. En termes de politique publique, cela signifie qu’un gouvernement attaché à faire réussir le pays devrait être tendu vers un objectif unique : faciliter partout l’éclosion de ces conditions de la réussite. Cela veut dire faire confiance aux acteurs en déléguant davantage. Et surtout, renoncer à ce semblant d’égalité inique qui consiste à traiter pareillement les services (et les hommes) qu’ils soient, ou non, performants et dévoués à leur tâche. Donnons en exemple ceux qui ont réussi à Pithiviers ou à Epinay-sur-Seine plutôt que de faire en rangs serrés le pèlerinage de Stockholm.

2 octobre 2006

(1) Comment fait la France quand elle gagne, Institut Montaigne, préface de Claude Bébéar, Plon.

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Le modèle danois est-il applicable en France? Dossier de l’ENS lsh

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

dossier sur la flexsecurité danoise : Durant les dernières élections présidentielles, le Danemark s’est vu attribuer un rôle de “guest star”. Le modèle de flexsécurité danois peut il être applicable également en France malgré les différences de structures sociales, de traditions, de représentations collectives et de population?

Ce document tente d’y apporter une réponse constructive et argumentée telle que nous en avons besoin pour l’élaboration de notre projet.

Arnaud

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Faut-il avoir “peur du gendarme” ?, publié sur le site de Marianne

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

A LA UNE
(AFP)

Faut-il avoir “peur du gendarme” ?
Le 04/06/2007 à 0 h 00 – par Alexis Meyran

Les rapports de la commission nationale Citoyens-Justice-Police et de l’Institut national des hautes études de sécurité constatent une « dégradation » de la relation citoyen-policier en France, surtout en Seine-Saint-Denis. Solution : un contrôle plus strict du travail de la police, de la justice aussi, et sa réorganisation dans les quartiers difficiles.

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Quelle est l’appréciation des citoyens sur leurs rapports avec les forces de l’ordre censées assurer leur sécurité ? Pour en dessiner les contours, une Commission nationale Citoyens-Justice-Police a été mise sur pied en 2002, qui associe la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature et le Syndicat des Avocat de France. Son objet est d’enquêter sur des faits dont elle est saisie par des citoyens, d’analyser les possibles dysfonctionnements, leur traitement par l’institution judiciaire et l’efficacité des différentes instances de contrôle, puis d’émettre des recommandations.

Les conclusions du dernier rapport* de la Commission, qui porte sur la période 2004-2006, vont dans le même sens que le précédent (2002-2004) : celui d’une « dégradation continue et organisée de la relation citoyen-policier » ; les forces de l’ordre inspirant – c’est le terme qui revient le plus souvent – la « panique ».

« Quatre années de fonctionnement ont permis de constater le parallélisme entre l’arsenal législatif liberticide mis en place par les gouvernements du quinquennat et la dégradation, toujours en progression, des rapports des citoyens avec leurs polices et avec leur Justice ». Pour en arriver à ce constat accablant, la Commission a étudié, outre les témoignages récurrents évoquant des contrôles d’identité répétés, plusieurs faits emblématiques largement relayés par les médias.

Ainsi la mort par noyade le 10 avril 2004 de Michaël, jeune tagueur poursuivi par des policiers qui, « au lieu d’assurer la sécurité, (ont) engendré une situation d’insécurité » ; ou encore celle de Bouna et de Zied dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005, drame qui avait été le catalyseur des émeutes un mois plus tard. Et la Commission de mettre en parallèle ces deux affaires où une « chasse à l’homme » a été effectuée « dans un déploiement totalement disproportionné de policiers et de moyens ». Autre exemple, celui de l’évacuation du squat de Cachan le 18 août 2006 où est mise en exergue la « brutalité des charges » policières, et enfin, la situation des prostituées du bois de Boulogne soumises « à l’arbitraire policier ».

Face à cette situation, le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, déplore le fait qu’« il y (ait) des organisations qui font un travail formidable, mais qui crient dans le désert ». Le rapport cite à l’appui un texte de 2005 de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), une organisation indépendante qui, déjà, mettait en cause « l’insuffisance de formation et d’encadrement des policiers » et le facteur aggravant du « contexte sécuritaire », observant « la forte pression subie par les fonctionnaires de police induite par les obligations de résultat ordonnées par leur hiérarchie ».

L’autre rapport qui fait grand bruit est celui, révélé par l’AFP, de l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES), lequel dépend du ministère de l’Intérieur, sur les relations entre police et population en Seine-Saint-Denis : un département en situation de “marginalisation croissante“. L’INHES dénonce un “climat d’insécurité permanent entre la police et les habitants des quartiers sensibles“. Dont les causes sont à rechercher dans la “déferlante de violence“, le “nombre croissant de mineurs” délinquants du “9-3″, mais aussi la “suractivité permanente” de la police, une “hausse artificielle” de ses taux d’élucidation, son “image agressive“, la négligence des préoccupations des populations au profit trop exclusif de la lutte contre le trafic de stupéfiants ou les clandestins, ainsi qu’une “faible réponse judiciaire vécue, selon les acteurs de terrain, par la population et la police“.

Il n’est bien sûr pas question ici de tirer à boulets rouges sur un appareil répressif absolument nécessaire – le rapport de la Commission Citoyens-Justice-Police reconnaît d’ailleurs volontiers les « situations périlleuses auxquelles (les forces de l’ordre) sont souvent confrontées » et n’utilise à aucun moment le terme de « bavure » –, mais simplement d’alerter les pouvoirs publics sur les conséquences d’une politique qui a abouti à la dégradation de l’image des hommes en bleu et en robe. D’où certaines recommandations : plus de transparence avec la publication d’un rapport d’activité annuel de l’inspection générale des services (IGS) et de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la fin des comparutions immédiates lors des poursuites qui se sont multipliées ces derniers temps pour outrage et rébellion à agent, et un contrôle plus strict de la légalité de l’intervention des autorités judiciaires et administratives. Et puis, surtout, une meilleure formation et un meilleur encadrement du personnel, « souvent inexpérimenté », qui travaille dans les zones difficiles. Idée reprise dans les préconisations de l’INHES qui évoque, pour “renouer les liens avec la population des quartiers“, la réorganisation du travail de la police et de ses “techniques d’intervention“, ainsi que les “effets positifs incontestables” de la police de proximité. Gageons que ce vif rappel à l’ordre républicain trouvera l’écho qu’il mérite.

* http://www.ldh-france.org/media/actualites/CJP_rapport%202004-006%20.pdf

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Garry Kasparov, ancien champion russe d’échecs, leader de “l’autre Russie” s’est exprimé au parlement européen

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

L’opposant russe et ancien champion d’échecs, Garry Kasparov, au Parlement

Relations extérieures24-05-200717:54
Garry Kasparov et Hans Gert Pottering au Parlement européen à Strasbourg, le 23 mai 2007.
Garry Kasparov et le président du Parlement, lors d’une conférence de presse

L’ancien maître russe des échecs, Garry Kasparov, joue désormais sur le terrain politique. Leader d’une coalition opposée au pouvoir en place en Russie, il ne mâche pas ses mots : présent les 23 et 24 mai au Parlement, il a souligné lors d’une conférence de presse que la Russie méritait elle aussi « de faire partie du monde libre ». Invité à venir s’exprimer par le président du Parlement, il y a rencontré les chefs des groupes politiques et les membres de la commission des affaires étrangères.

Garry Kasparov a changé de terrain de jeu ; désormais, il avance ses pions en politique. Fondateur du Front Civique Unifié, un mouvement dont le but est de « préserver la démocratie électorale en Russie », il a été de nombreuses fois arrêté par les forces russes, lors de manifestations d’opposition avec sa coalition L’Autre Russie.
 
Sa dernière arrestation remonte au 18 mai dernier, alors qu’il tentait de se rendre près de la ville de Samara, là où se tenait le sommet UE-Russie. Il avait alors été expressément invité par le Président du Parlement européen à venir s’exprimer devant les députés.
 
Quand le Parlement défend les défenseurs de la démocratie
 
« Le Parlement n’agit pas contre quelqu’un et ne cherche pas à le faire. Notre démarche est positive : nous sommes en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de l’Etat de droit », a justifié le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering.
 
« L’invitation de Garry Kasparov au Parlement européen exprime notre engagement, en tant que députés librement élus, pour soutenir tous ceux qui luttent pour la démocratie et l’Etat de droit, en Russie et dans le monde. Ils méritent notre soutien le plus total et notre solidarité », a-t-il ajouté.
 
Pour Kasparov, les règles du jeu doivent rester les mêmes
 
S’adressant aux membres de la commission des affaires étrangères, Garry Kasparov a dressé un bilan sans concession de la Russie de Vladimir Poutine. L’actuel gouvernement russe affaiblit selon lui les institutions démocratiques et marque le retour des élites dirigeantes et de leurs habitudes autoritaires, héritées du passé. « Je joue aujourd’hui un jeu différent des échecs, où les opposants veulent changer les règles en place », a-t-il expliqué. Il faisait alors référence aux difficultés rencontrées par les opposants au pouvoir pour accéder aux médias et pour déposer une candidature pour les élections législatives à venir.
 
Ces élections, qui se tiendront en décembre 2007, mais aussi les présidentielles de mars 2008, rendent les actuels dirigeants russes « nerveux », selon Garry Kasparov, évoquant les luttes « byzantines » pour la succession de Vladimir Poutine. L’ancien champion du monde d’échecs a expliqué aux députés qu’il ne se battait pas pour gagner ces élections, mais bien pour s’assurer qu’elles aient lieu ! En d’autres termes, pour que les dés ne soient pas jetés d’avance…
 
Il avait affirmé auparavant à la presse que la défense des droits constitutionnels par des protestations non-violentes était essentielle : « Avoir 5000 personnes dans les rues à Moscou a plus de poids que 100 000 personnes à Paris. Parce que participer à une manifestation en Russie est risqué : la police est particulièrement cruelle à l’encontre des manifestants. Pour nous, c’est un pas indispensable vers la démocratie ».
 
L’Europe doit parler d’une seule voix à la Russie
 
Tout en saluant la nouvelle détermination de l’Union européenne à parler d’une seule voix face à la Russie, Garry Kasparov a appelé l’Europe à ne pas soutenir indirectement le président Poutine, en le traitant d’égal à égal : ce serait envoyer le mauvais signal au peuple russe.
 
« Le mois dernier a été très important pour l’opposition russe, parce qu’on a vu à la fois le Parlement européen et les dirigeants de l’UE adopter une attitude différente vis-à-vis de la Russie », s’est tout de même félicité l’ancien champion du monde.
 
Vous voulez en savoir plus ? Ne manquez pas notre dossier consacré à la visite de Garry Kasparov au Parlement, avec un entretien exclusif. Cliquez sur le lien ci-dessous.

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Kassianov, membre du groupe d’opposants à Poutine, “Autre Russie” , entre en campagne

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

  

Russie : Kassianov, candidat en 2008, tire à boulets rouges sur le Kremlin

MOSCOU – L’ex-Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov, opposant au président Vladimir Poutine et candidat déclaré à la présidentielle de mars 2008, a affirmé samedi que le “jour du jugement” était proche pour le Kremlin.

“L’effondrement s’approche, le jour du jugement arrive”, a-t-il dit lors d’un Congrès de son mouvement, l’Union populaire démocratique russe, qui a approuvé formellement sa candidature à la présidentielle, annoncée dès juin 2006.

“Une vraie opposition est apparue, elle se fait entendre à pleine voix”, a ajouté M. Kassianov, selon le texte de son discours diffusé sur son site internet, tandis ques des jeunes pro-Kremlin protestaient contre la tenue du congrès.

Elle offre une “alternative à la propagande et la corruption totale, la xénophobie et le faux patriotisme, l’orgueil et le cynisme, l’irresponsabilité et le non professionnalisme, l’arbitraire et la violence”, a-t-il lancé en direction du président Poutine dont il a été le Premier ministre de 2000 à 2004.

M. Kassianov, réputé libéral, a présenté les grandes lignes de son programme électoral : rétablissement de la gratuité des soins et de l’éducation, suppression de la conscription, construction de nouveaux logements.

Il a promis d’inverser le “cours historiquement bas” de la relation entre la Russie et l’UE, qui s’est dégradée parce que “les valeurs de la civilisation européenne sont étrangères aux autorités russes actuelles”, selon lui.

Plusieurs militants des mouvements de jeunes Nachi (Les Nôtres) et Jeune Garde, farouches partisans du chef de l’Etat, ont organisé des actions de protestation contre M. Kassianov et son parti, ont constaté des photographes de l’AFP.

Plusieurs d’entre eux sont montés sur le toit de l’hôtel où se tenait le congrès avec une banderole scandant “Le sabbat des forces noires”. D’autres, vêtus de blouses blanches, sont entrés dans le bâtiment en criant : “Où est notre patient ?”, avant d’être évacués par des agents de sécurité.

M. Kassianov est un des animateurs du mouvement d’opposition Autre Russie, au côté de l’ancien champion du monde d’échecs Garry Kasparov. Il est le premier chef de file de l’opposition à s’être déclaré candidat.

Celle-ci, dispersée et affaiblie depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000, n’a pas encore arrêté de stratégie pour la présidentielle qui devrait être aisément remportée par le candidat soutenu par le Kremlin.

Plusieurs ténors d’Autre Russie appellent à une candidature unique de l’opposition, alors que deux autres candidats éventuels se sont manifestés ces derniers jours : l’ancien dissident soviétique Vladimir Boukovski, qui vit en Grande-Bretagne, et l’ex-président de la Banque centrale russe Viktor Guerachtchenko.

M. Kassianov –considéré comme très lié aux oligarques, ces hommes d’affaires qui ont dominé la Russie sous le président Boris Eltsine– est peu populaire en Russie, ce qui réduit ses chances de percer.

La Constitution interdit à l’actuel président de se représenter pour un troisième mandat consécutif. Vladimir Poutine a toujours dit qu’il n’engagerait pas de révision constitutionnelle pour pouvoir briguer un nouveau mandat jusqu’en 2012.

(©AFP / 02 juin 2007 15h45)

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La Voie humaine : Pour une nouvelle social-démocratie (Poche)

Posté par jeunessociauxdemocrates le juin 07 30, 2007

Pour une nouvelle social-démocratie 

La gauche a-t-elle encore quelque chose à dire, ou bien n’est-elle plus, comme la droite, qu’une simple machine à choisir des candidats et à gagner des élections ? Au moment où se généralise la loi du marché, où les principes de la démocratie progressent, y a-t-il une place pour un projet politique ? Les partis semblent ne pas avoir le courage de répondre à ces questions. Ils se contentent d’attendre qu’une sanction frappe l’autre camp. Ceux de gauche, en particulier, n’ont plus ni vision du monde, ni doctrine, ni projet, ni programme ; ils n’ont plus que des postures. Et pourtant, jamais la politique n’a été plus nécessaire pour échapper à la violence, à une marchandisation globale, à la précarité générale des choses, des idées et des gens. Jacques Attali propose ici de repenser totalement la social-démocratie et avance des solutions nouvelles, originales, détaillées, pour redonner à la politique sa raison d’être, pour tirer le meilleur du monde, du temps et de la vie. Pour que puisse s’ouvrir, entre les multiples barbaries, une voie humaine.

 Jacques Attali

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